Tuesday, July 17, 2012

TunisiaSat1423: La Tunisie libre relève le défi de l’espace!


Motivations : La Tunisie libre ambitionne, plus que jamais, d’accélérer sa convergence avec les pays développés en conjuguant intelligemment des facteurs multiples afin d’innover et ainsi accroître les retombés économiques et sociales.

A cet effet, la Tunisie a consenti, depuis l’indépendance, des efforts soutenus pour ériger et organiser son Système National d’Innovation[1] (SNI), et ainsi jeter les jalons fondamentaux de la Société du Savoir. Cet instrument stratégique et structurant a pour fonction de stimuler la chaîne d’innovation nationale et d’assurer une synergie entre le savoir, le savoir-faire et la société, en mettant les connaissances au service du développement économique et le bien-être du citoyen.

Toutefois, le processus complexe et onéreux de la restructuration de l’environnement économique, dont le SNI est une composante principale, limite sensiblement les marges de manœuvre du pays pour la résorption du chômage, et en particulier celui des diplômés du supérieur. La cause principale derrière cette situation insatisfaisante est l’incapacité de l’industrie tunisienne d’absorber ce gisement de main-d’œuvre et d’ingénieurs jeunes et qualifiés et ce, malgré un programme de mise à niveau industriel. C’est pour cette raison qu’il y a urgence à susciter de nouvelles pratiques stratégiques et institutionnelles.

Afin de répondre à ces nouvelles exigences compréhensives et pour engendrer des innovations plus rapidement que le passé, le pays est incontestablement appelé à relever le défi de se donner les moyens qui associent plus étroitement que présentement la recherche et les contextes d’utilisation de ses résultats en intégrant adroitement compétitivité industrielle dans les technologies de pointe, emplois à haute valeur ajouté et qualité de vie.

Proposition : Le programme pilote TunisiaSat1423 aspire à répondre aux exigences multidimensionnelles et compréhensives évoquées précédemment. En effet, ce projet pilote propose la conception, l’intégration, le test et le lancement d’un Microsatellite à un coût négligeable (Low Cost), de faible masse et aux performances élevées. Le présent projet pilote est appelé à intégrer trois processus interdépendants et complémentaires : (i) la formation des compétences et le transfert des connaissances, (ii) la recherche et l’innovation, et enfin (iii) la création de PME dans le domaine de la technologie spatiale. En d’autres termes, démontrer, via ce projet pilote, qu’il est possible de dynamiser le SNI en pilotant ses composantes multiples de façon à « faire système ».

De surcroît, sur les plans leadership politique et visibilité scientifique et technologique, le programme pilote TunisiaSat1423 devrait être un début de réaction à la ruée spatiale de nos voisins magrébins, de certains pays africains et de plusieurs économies émergentes. En effet, la Tunisie est aujourd’hui devancée par des pays qui possèdent au minimum une expérience de microsatellite de télédétection comme l’Algérie, l’Egypte, la Libye, et le Maroc, eux-mêmes distancés par une poignée de pays africains comme l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Le cas de l’Algérie : Depuis peu, l’Algérie fait appel aux technologies spatiales pour répondre aux besoins liés à son développement économique. Le pivot du programme spatiale algérien est l’ASAL (Agence Spatiale Algérienne), créée le 1er Janvier 2002. Ses objectifs principaux sont la sécurité et le bien-être du pays. L’Algérie s’apprête à lancer son deuxième système de microsatellite, Alsat-2 (constitué d’Alsat-2A et d’Alsat-2B). Ce dernier transmettra des images de haute qualité utiles pour la cartographie, la foresterie, la gestion des ressources agricoles et des catastrophes naturelles, la localisation des minéraux et de pétrole ainsi que pour la surveillance des nuées de criquets. Alsat-2 fait partie du programme spatial algérien 2006-2020 avec un budget d’environ US$ 1,3 Milliard.

L’Algérie est aussi associée, dans le cadre de la mission internationale DMC (Disaster Monitoring Constellation), à quatre autres satellites respectivement britannique, chinois, nigérien, et turc. De plus, l’Algérie étudie avec la ligue arabe l’initiative ASEO (Arab Satellites for Earth Observation) qui comprendrait trois microsatellites à haute résolution (2,5 m).

Résultats : Le projet proposé est parfaitement réalisable et certainement rentable. De plus, il est doublement avantageux dans le sens que parallèlement aux objectifs visés, la réussite, même partielle du projet, aurait des retombées collatérales positives de très grande importance :  

La raison d’être de la proposition : La finalité de ce projet pilote n’est rien d’autre que l’amorçage du SNI, moteur de la « Société du Savoir », et ceci à travers (i) la formation des compétences et le transfert des connaissances, (ii) la recherche et l’innovation, et enfin (iii) la création de PME dans le domaine de la technologie spatiale gourmande en main-d’œuvre hautement qualifiée.

Effectivement, la solution préconisée est l’Accumulation Intégrée des Capabilités par le biais d’un projet pilote concret de transfert et de maîtrise de technologies avancées dans le domaine spatial, notamment les télécommunications. En résumé, ce projet vise à la conception, l’intégration et le lancement de TunisiaSat21, un microsatellite d’observation de la Terre à un coût négligeable. Les résultats recherchés sont :

1)      L’accélération du rattrapage technologique,
2)      La stimulation de l’économie, et
3)      La création d’emplois high-tech.

Ce programme favorisera certainement l’émergence de spin-offs capable de fournir des services spécialisés et sophistiqués à l’image des deux entreprises belges, Amos (55 travailleurs hautement qualifiés et un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros) et Spacebel (90 personnes et un chiffre d’affaire de 6,3 millions d’euros).

La cerise sur le gâteau : Il est agréablement important de noter, dans le cadre de cette proposition, que parallèlement à l’apprentissage, la recherche dans les domaines de gestion et de pilotage des programmes d’innovation complexes, en d’autres termes, la maîtrise de la « Technologie Sociale », les retombées collatérales positives potentielles sont édifiantes :

  1. L’intégration de la Tunisie dans le club des pays maîtrisant les technologies spatiales,
  2. La consolidation de la visibilité scientifique et technologique de la Tunisie, et
  3. Un jalon du quinquennat du défi, marque du leadership politique de la Tunisie dans son espace géopolitique.

Tableau récapitulatif :


Accumulation Intégrée des Capabilités
Réalisation
Coût
Durée
Cadre
Objectifs
TunisiaSat1423
15 à 30 Millions DT
3 à 4 années
Ecole doctorale et/ou réseau de recherche, et/ou …
Dynamiser le SNI, et créer des emplois high-tech, …
Remarques
Gros satellites :
~ 500 Millions DT.
Il est possible de limiter la durée à 3 ans.
Institutions publiques et privées : universités, centres de recherche, partenaires étrangers, ...
Visibilité scientifique
et technologique, leadership politique,



[1] Selon l’OCDE (Organisation de coopération et développement économiques), un système d’innovation est un réseau d’institutions publiques et privées qui par leurs activités et leurs interactions créent, accumulent et transfèrent des connaissances, des compétences et des objets qui sont à l’origine de technologies nouvelles. Ces institutions sont des entreprises, des universités, des organismes de recherche publique, des associations professionnelles ou scientifiques, des organismes publics ou parapubliques ou encore des organismes de la propriété intellectuelle.